Pensée du jour du mois de la semaine

2019 Bilan 3/3 :

Difficile pour moi de refermer cette année 2019. Il faut dire que l’on ne m’aide pas beaucoup. Avec des petites affaires qui trainent ça et là, et qui font que je laisse la porte entrouverte, en attendant encore un peu que les dernières petites choses de la vie se dépêchent d’en passer le pas. Et pourtant, il serait grand temps de le faire. J’allais dire que c’est la première année que j’ai ce sentiment d’inachevé, mais 2018-2019 ressemble pour moi à une même gigantesque année. Alors peut-être pas.

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En début d’année, j’ai pris l’habitude de faire un micro bilan mensuel sur mon bullet-journal.  J’y note trois « kifs » du mois, ma lecture préférée ainsi qu’une phrase commençant par « Je suis fière de… ». Je vais garder pour moi ces trente six bons moments de l’année – que j’ai pris le temps de rassembler sur une page et ce genre de petites notes me fait chaud au coeur quand je retombe dessus – mais je vais me permettre de faire ici (c’est chez moi après tout) le tour de ces douze derniers mois au travers de ces phrases et de mes lectures.

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Janvier. On commence mal : je n’ai pas fait de bilan pour ce mois de janvier ni écrit quoi que ce soit ! Mon bullet me guide souvent quand j’ai beaucoup de travail, mais si je me sens débordée, je le boude. En janvier, c’est un peu différent. J’ai très mal commencé l’année avec un dos bloqué qui m’a fait énormément souffrir, empêchée de marcher et privée d’Angoulême. Je m’étais tout de même rendue à Paris et les copains se rappellent encore de cette traversée de Bercy à petits pas pour rejoindre mon bus de nuit… Nous sommes aussi allé à Londres avec Le Professeur pour voir Johnny Flynn et Kit Harrington dans True West et c’était formidable. Un petit séjour qui m’a fait du bien à la tête, apparemment, puisqu’ensuite, je me suis décidée à voir plusieurs praticiens pour mon dos. Et que j’ai aussi décidé de démarrer cette ronde positive dans mon bullet-journal.  

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Février. Je suis fière de vaincre mes peurs mois après mois.
Ma meilleure lecture : Le blé en herbe de Colette.
En février, je suis torturée toute les semaines par une adorable physio. Je marche, je fais du yoga et petit à petit, mon dos se remet, les douleurs disparaissent et mes jambes répondent mieux.  A la première séance j’écris ce petit texte :
« Aujourd’hui j’ai pris 30 ans.
Non ce n’est pas mon anniversaire. Et j’ai, comme dirait l’autre, presque 30 ans puisque j’en ai 34. Mais aujourd’hui j’ai découvert que mon corps les avait vraiment.
Apparemment, il faut me dire les choses trois fois pour que je les accepte. Tu as épuisée ton corps et ignoré ta tête, tu n’en as pas pris soin, maintenant ils te le disent plus fort. Et ça fait mal.
Oh oui ! Ça va. On la connait tous cette « douleur normale » que l’on ne soigne pas. Il y a des choses plus grave dans la vie qu’un genoux un peu feignant ou un bassin un peu lourd. Cette douleur, elle n’est peut être même pas vraiment là !
Aujourd’hui j’ai appris. Un corps se soigne. Une douleur n’est pas normal. Et pour mon corps, ce n’est peut être pas grave mais c’est important. Et puis ça peut le devenir.
Alors aujourd’hui j’ai chouiné un peu cachée sous ma couette à la recherche d’une sieste qui ne venait pas en écoutant le ciel qui n’était pas de meilleure humeur que moi. Mais c’est fini. Fini d’être en colère et vexée. Tu le sais bien pourtant qu’ « être forte » n’a jamais signifié d’ignorer. C’est fini, mon corps et ma tête, je vous ai entendu. On va le faire, maintenant. »
Je découvre Colette au travers de la lecture Le Blé en herbe et je l’adore. Elle m’accompagne pendant ces journées un peu grises, je sors avec ma démarche encore trainante pour la trouver en bouquinerie.
Je travaille sur Les petits rituels, j’achève une nouvelle pour mon recueil et quand je suis trop fatiguée pour travailler, je me réfugie dans les Cévennes en plein été avec Ursule. 

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Mars. Je suis fière d’assumer l’imperfection d’un texte et d’arriver à le partager.
Ma meilleure lecture :  Claudine à l’école de Colette.
Au début du mois de mars, je vous fais part de mes inquiétudes et de mes bonnes résolutions autour de 38 ans. C’est un texte qui me fait du bien alors je décide de me concentrer dessus pour pouvoir le partager avec vous rapidement. Au quinze du mois, je dis au revoir à ma physio et je pars d’un bon pas à Paris pour le salon du livre. C’est bon de reprendre le métier. Je passe un salon génial avec une très bonne équipe – la meilleure que j’ai eu en salon – et je garde de très bons souvenirs de mon passage parisien où tout le monde m’a accueilli avec beaucoup de chaleur et d’attention. Je reviens pleine de force et tout se passe un peu en même temps. Chez By Lady Fox nous lançons les rendez-vous du mardi pour vous montrer les avancées de notre livre et le 25, 38 ans devient une saga de l’été qui va courir jusqu’au mois de septembre. 

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Avril.
Ma meilleure lecture : Les gratitudes de Delphine De Vigan.
En avril, les choses s’accélèrent et mon bullet s’échappe ! Pas de petite phrase de bilan mais tellement de rebondissements. Le beau temps revient et avec lui la maison qui se remplit de monde. Je rencontre Amélie Nothomb et elle me touche beaucoup (Elle a trouvé ma robe jolie, alors… ).  Un allée-retour à Paris pour faire connaissance avec mon filleul tout neuf, Marius. Nous en profitons avec By Lady Fox pour comploter dans votre dos. 38 ans fait son chemin et vous commencez à être une centaine à suivre Ursule chaque jour. Je lis Les Gratitudes et ce petit texte tout léger et drôle et triste, sans prétention, mais tellement agréable, me fait me dire qu’un auteur peut tout écrire s’il décide de bien le faire. Je ne me suis pas dit la même chose en voyant la dernière saison de Game of Throne… mais j’aime quand même toujours la série. 

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Mai. Je suis fière d’essayer de vivre le bonheur et la joie que je produis.
Ma meilleure lecture : On ne badine pas avec l’amour d’Alfred de Musset

Je commence par faire un point sur ma vie professionnelle et mes projets en cours. Je repense à Christopher qui m’a, un jour, dit « Maintenant, arrête de rire quand tu dis que ton métier c’est d’écrire. »  et je crois que c’est à peu près là que j’ai commencé à me dire que je n’étais pas à coté de la plaque. Cela prend encore une autre dimension lorsque le 6 mai nous lançons notre Ulule pour Les Petits Rituels.  J’ai vécu tout ça comme une sorte de grand tunnel qui dure d’avril à septembre. Heureusement, nous étions deux et je peux vous dire qu’on s’est tenu la main très très fort durant ces quelques semaines. Et ça en valait le coup d’avoir quelques palpitations. Sur instagram, vous me laissez de petits commentaires au sujet d’Ursule, Gabriel et Pierre-Louis et je les savoure.
Je lis du théâtre. Parce qu’en début d’année je n’ai pas pu suivre mes cours. Parce que voir Johnny Flynn sur scène était merveilleux. Parce que je n’en lis pas assez et que j’aime ça. Parce que notre malin de professeur nous fait travailler des monologues et des scènes de plein de pièces et les interprétations me donnent envie de toutes les voir. Parce qu’une pièce, c’est une ou deux heures de lecture et ensuite rideau.
Je me fait tatouer un petit vélo pour nos un an de de vie sur Amsterdam.

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Juin. Je suis fière de prendre confiance en moi et de suivre mes envies.
Mes meilleures lectures : Les correspondances de Sand et Musset.
Juin est un un mois rempli de folie et d’Amour. Son début est marqué par la réussite de notre campagne que nous relevons à 143% avec 105 contributeurs. Nous vivons dehors entre les parcs, la ville et le balcon. Petit Marius et Lshaya à la maison pour une chouette semaine de porte-bébé. Je lui raconterais quand il sera plus grand ces matins à sautiller debout dans ma cuisine pour l’endormir tandis que je faisais mes corrections de 38 ans que je finis d’écrire ce mois-là. Le spectacle de fin d’année au théâtre et mes adieux à Hildegarde. Un petit allé-retour sur Paris en pleine canicule pour célébrer un départ, une nouvelle vie, un anniversaire et puis l’amour et la vie aussi. Il m’en reste de jolis souvenirs et même quelques mots.

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Juillet. Je suis fière de tout le travail accompli en un an et de dire qu’écrire est mon métier.
Ma meilleure lecture : Venus Erotica d’Anaïs Nin
Je me plonge dans les classiques de la littérature érotique et fini enfin le Vénus Erotica d’Anaïs Nin, entre autre. Je travaille beaucoup sur mon recueil, entre petits textes et pièces plus importantes et nous réglons avec By Lady Fox les deniers détails de devis pour l’impression des Petits Rituels avant de m’accorder quelques vacances. Charlie et moi prenons le large et allons passer une semaine sur l’île de Texel. C’est beau,  c’est calme et c’est vert. Une vrai parenthèse où la pauvre Charlie subit mon moral extatique du moment ! De retour à Amsterdam, c’est la canicule alors on vit sous les arbres et on cherche l’eau. Le mois se finit par le défilé coloré de la Amsterdam Pride et ça nous colle tous un peu au coeur. 

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Août. Je suis fière de savoir parler même quand c’est difficile.
Meilleur lecture du mois : In Waves d’ AJ Dungo.
Le mois d’août commence difficilement. Un coup au coeur qui me ramène en de mauvais temps. Heureusement je suis bien entourée, heureusement je parle et aussi… j’insiste pour faire parler. On panse à coup de bons moments qui apaisent un peu les peurs et font briller les lendemains. Je profite de chaque instant, de chaque visite et me reste en tête de belles images. Dont celle de Marianne, chantant à l’arrière du vélo du Professeur qui m’enroule dans cette impression que j’aime tant – et qui me reste depuis quelques années déjà – d’être au bon endroit au bon moment. Mi-août, Le Professeur et moi partons en Islande. Je ne vous refais pas le voyage, vous pouvez le lire ici. La aussi j’ai l’impression d’être au bon endroit au bon moment. Nous nous réjouissons de ce temps à deux dans cet étrange pays. Nous sommes submergés d’émotions à la rencontre des gentils géants. Nous savons que nous y retournerons.
Pendant que je suis là bas, By Lady Fox reçoit nos livres. C’est pour de vrai, nous avons réalisé un ouvrage en papier.
La rentrée littéraire est là. Je lis In Waves du tout jeune auteur AJ Dungo et je le trouve parfait. Dans son histoire, dans son témoignage, dans sa passion, dans son Amour, dans son dessin, dans sa construction. 

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Septembre : Je suis fière de savoir reconnaitre une tristesse passagère.
Meilleure lecture du mois : Le château des animaux, Delep/Dorison.
Début septembre je me rends sur Paris pour le lancement des Petits Rituels. Je fais connaissance avec notre livre, notre premier. Vous nous offrez un moment dingue avec cette soirée qui durera jusque tard dans la nuit. Vos sourires et vos félicitations. Nous en restons sonnés quelques temps. Je ne sais plus quoi faire de toutes ces émotions qui s’éparpillent et finissent même par sortir un peu parfois. C’était une première, pour moi, de passer derrière la table de dédicace. Ce soir là, un de mes plus grands rêves s’est réalisé. Et je suis infiniment heureuse et reconnaissante que ce se soit fait dans la librairie qui reste un peu chez moi.
Quinze jours plus tard, c’est la fin de 38 ans. Vos mots me touchent énormément. Vous me dites que les personnages vont vous me manquer et je réalise combien, depuis que j’ai fini ce texte, ils me manquent aussi.
J’entre dans une période de blues ou la vie me pique un peu. J’apprends à mes dépends que que la vérité, même douce, rebondit parfois mal. J’apprends aussi que j’ai l’âme créative très émotive.
Je finis cette période d’alternance entre le travail intense et les vacances, par quelques jours dans le sud. Mes parents commencent une nouvelle carrière de représentant. « Avez vous entendu parler des Petits Rituels de Cléa ? » 

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Octobre : Je suis fière de ne pas me laisser tomber.
Lectures préférés du mois : Arcadie, Emmanuelle Bayamack-Tam
Mon blues persiste et m’agace ! Je suis toute pleine d’émotions et les lignes sortent mal. Je n’écris plus comme j’aime même si j’écris. Je n’arrive pas à partager correctement. Je grogne, j’enrage, je râle, je chouine… C’était trop, c’était trop peu, rien ne va plus, je ne sais plus. Avoir autant créé en un an, autant partagé, autant donné, me laisse épuisée. J’en parle autour de moi et je retiens les conseils de Maud B. qui me dit qu’il faut prendre du temps pour s’en remettre et se nourrir à nouveau l’esprit avant d’y retourner. « Tricote !  » m’a-t-elle dit. Alors je crochète ces petits golems de laine dans lequel je glisse mes petites misères ou des mots d’apaisement selon les moments. Je lis beaucoup, j’écoute des podcasts, j’assiste à des conférences, je vais au musée. Je sors beaucoup et prend du temps pour écrire ce que je ressens. Je m’écoute, je m’aide, je prends soin de moi. Je ne m’en demande plus autant.  Et petit à petit, la pulsion repart.
Je prépare le Nanowrimo 2019. Un petit plan tout propre. Des fiches perso. Tout cela me fatigue d’avance alors je décide que cette année, je ne le ferais pas.
Suite à son passage dans « Par Jupiter », je lis Emmanuelle Bayamack-Tam et son Arcadie sorti en 2018 et qu’est ce que je l’aime cette histoire !

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Novembre : Je suis fière d’aller chercher les outils quand j’en ai besoin.
Lecture préférées du mois : Mémoires d’une jeune fille rangée, S. De Beauvoir
En novembre, je continue sur ma lancée. Je m’analyse, je m’écoute, je me lis, je me soigne, je m’écris. La patience, toujours. Celle qui me manque souvent d’être aussi exaltée de tout vivre sur le moment.
Le 1er novembre, une histoire me tombe en tête. C’est celle que je veux raconter. Finalement, je me prépare un Nanowrimo perso, plus court car je sais que je ne pourrais pas le tenir puisque je pars sur Paris avant la fin du mois. Je sortirais 25 000 mots d’un récit qui en compte maintenant plus de 30 000. Je commence très vite à vous en dévoiler des bouts même si je garde encore l’intrigue pour moi.
Je lis Simone de Beauvoir et ses mots m’emportent. Son autobiographie m’enchante et je ne veux plus lire qu’elle.
A la fin du mois, je file au Salon du livre de la presse jeunesse à Montreuil. Malheureusement mon corps ne suit pas. Je ne l’aide pas avec une mauvaise organisation et comme je ne l’écoute pas, il me joue un vilain tour, me vidant de toutes mes forces, ce qui m’oblige à quitter mon stand avant l’heure le plus gros jour du salon. Je suis déçue. Je me sens vieille. Je me sens inutile aussi. Je me sens abandonnée et incomprise alors je me fache, surtout contre moi-même, et je pleure beaucoup. Le dernier jour, à marcher dans les rues de Paris avec Tatiana m’aide énormément. Je rentre le plus vite possible me cacher à Amsterdam et le Professeur prend soin de moi. Demain, ça ira mieux, demain.

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Décembre. Je suis fière de dire les choses sans rester plantées sur mes positions.
Lecture préférée du mois : Coup d’un soir de Mathieu Bermann.
Je débute le mois de décembre avec mes bleus au coeur et beaucoup de fatigue, le regard fixé sur les vacances. Ma copine d’enfance G., de passage à la maison, me dit qu’être aussi négative ne me ressemble pas. Elle me donne un peu de son grand courage et de sa force que j’admire tant et je relève la tête.
Je me remets à travailler et ce pouls un peu faible qui était réapparu à la fin du mois d’octobre devient une pulsation et puis un vrai battement et j’écris à nouveau comme j’aime.
Je me mets à faire ces trois bilans et je me replonge dans tout ce qui a fait cette année. Toute cette richesse et ces bons moments. Toute cette force qui s’en dégage et ces accomplissements. Tout ce que j’ai pu mener à bien, le travail que j’ai réalisé et tout ce que j’ai reçu. Et je me suis dit que c‘était encore une très belle année. Une qui vaut bien  les mots de Perdican « C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. »*
Ensuite sont arrivées les vacances et dix jours de calme avec le Professeur dont nous avons pleinement profité. Un Noël reposant à Amsterdam. L’Amour… Et puis Paris, encore, pour retrouver les copains pour un nouvel an où chaque embrassade m’a conféré un peu plus de force. Une reconnexion avec la ville et l’envie très forte d’effacer ce début du mois de décembre où j’en voulais à la planète entière.

Alors voilà. Peut-être que cette année était si pleine, que la porte ferme mal. Finalement, je l’aime bien comme ça. Ça me permet de regarder dedans quand je veux. Et puis en faire le bilan, ça me permet de la regarder dans les yeux cette année. Je me laisse encore un peu de temps.

Le bisous.

 

PS : Merci encore Sam pour cette dernière photo ❤

 

* On ne badine pas avec l’Amour, A. De Musset.

Un commentaire sur “2019 Bilan 3/3 :

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