Ecriture·Pensée du jour du mois de la semaine·Romans et nouvelles

2019 Bilan 2/3 : Les projets en cours.

C’est partie pour la phase deux de cette période de bilan où je vais essayer de résumer les projets sur lesquels je travaille actuellement.

lepremierratdebibliotheque

Depuis l’an dernier, le rendez-vous était pris ! Avec Sess nous ne laisserions pas passer la fin 2019 sans notre conte de Noël. Alors en octobre, j’ai mis des chants de Noël plein la maison – le Professeur était ravi (non) – et bien ambiancée, j’ai écrit Le premier rat de bibliothèque. L’histoire de Marius, un rat des champs, venu chercher du travail à la grande ville, à quelques jours de Noël. Vous pouvez suivre le déroulement de l’histoire sur le compte instagram de Sess et ma page facebook. Une surprise est à venir juste après Noël 😉

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  Oh comme elle sentait bon cette bibliothèque !
Imaginez l’odeur des pages anciennes et neuves,
les fragrances des branches de sapin suspendues ça et là,
et l’appétissant fumet des petits gâteaux épicés déposés sur le guichet de prêt.

***

J’aimerais proposer des textes régulièrement sur ma librairie virtuelle. Le prochain que j’aimerais ajouter s’appelle Gabriel est dans la rue. Je travaille dessus depuis trois ans ( Je viens de m’en apercevoir ! Je ne pensais pas que ce texte me suivait depuis aussi longtemps) et je pense que je suis proche de la fin. Il s’agit d’une nouvelle qui devrait faire une vingtaine de pages et n’a pas d’autre but que de vous parvenir en format numérique. Il s’agit d’un moment de vie inspiré par une scénette aperçue à la sortie d’une boulangerie, un soir d’hiver, dans le nord de Paris. Vous pouvez en trouver deux extraits sur instagram sous le hashtag #gabrielestdanslarue . En voici un autre.

Extrait : On est le 15 février et cela fait une semaine que je suis perdue. 

Nous dînons chez des amis. On me dit “ Tu as une petite mine.” Anton ne dit pas que je travaille beaucoup. Il ne dit pas non plus que c’est une période difficile.  Anton ne parle pas à ma place, il ne s’excuse pas de ma fatigue. Comme les autres, il me scrute avec une sincère inquiétude. Je ne dis pas que ça ne va pas. Je ne parle pas de mon ventre de plus en plus vide au fur et à mesure des jours et des heures. Je ne dis pas Gabriel. Je parle de faire une cure de vitamines, je dis que je n’aime pas les fruits d’hiver, que les cerises et les fraises me manquent. Que cette année je n’ai pas assez profité des prunes et du raisin. L’odeur des clémentines m’indispose. Dans nos verres, le raisin est sec et liquide et il va bien avec le fromage que nous dégustons fondu sur nos pommes de terre. Je suis celle qui prend position, celle qui dit non d’une voix sans appel, celle qui souvent pousse au débat. Mais pas aujourd’hui, ni hier. Je ne sais plus quand est ce que j’en ai perdu le goût. Je suis peut-être celle qui, à 43 ans, est un peu fatiguée d’être celle qui. Je préfère, aujourd’hui, qu’on me laisse avoir le nez dans mes patates et sourire au point météo et aux nouvelles des enfants des autres.

***

Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous savez que mon recueil de nouvelles érotiques avance. J’en fais – quand j’en ai le courage – des lectures d’extraits ou même de nouvelle entière dans des stories qui disparaissent vite-vite. Il est actuellement constitué de treize textes allant de dix mots à treize milles. Des récits qui prennent donc toutes les formes. Je travaille sur un dernier gros texte qui me donne un peu de fil à retordre. Ou alors c’est moi qui m’impatiente de revenir à de la construction quand sur la fin de mes projets précédents, tout me semblait tellement clair. Allez savoir … Après ce récit – qui se nomme La villa George et dont vous trouverez un extrait sous ce même hashtag sur insta – je ferais certainement quelques textes supplémentaires plus courts pour harmoniser le recueil avant de le présenter aux maisons d’éditions adéquates. Comme je le disais dans le bilan précédent, je sais que la nouvelle n’est pas un genre très en vogue mais qui sait ce qu’il peut se passer dans le milieu littéraire ces prochaines années. Je pense aussi que ce recueil n’est pas réservé aux maisons spécialisées dans l’érotisme et qu’il pourrait trouver sa place dans des collections d’éditeurs plus classiques. Ceux qui ont lu Sous Le Porche le savent, l’érotisme de mes textes est souvent un prétexte pour parler de rencontre, de grands sentiments et de vie même si j’y parle aussi de sexe.
Sous le porche, La villa George, Andrea, Le monstre de pierre, Trastevere ; autant de textes qui composent ce recueil et dont j’ai égrainé, ça et là, quelques extraits. Aujourd’hui je vous livre un extrait de Tu seras mon amoureux

Extrait : Julie a ressorti le mouchoir sale de sa poche et regarde maintenant où elle pourrait bien le déposer, dégoûtée par les traces de son propre marmot. Je m’avance vers le saladier de sangria qui se trouve à côté d’elle et la salue en me servant un verre. Elle me répond d’un bonjour poli automatique, me regardant à peine, et puis je vois qu’elle me reconnaît. Elle se met à me détailler. Je porte une robe patineuse d’un vert tendre qui met autant en valeur mes formes que la couleur de mes yeux. Je vois qu’elle ne sait pas si elle doit s’enfuir ou engager la discussion. Je lui propose un verre ; nous sommes adultes désormais. Elle jette le mouchoir dans le sac accroché à la table pour saisir le vin que je lui tends. Nous bavardons de l’évènement. Comme le jardin de mes parents est beau, comme le traiteur est bon. Elle me demande ce que je fais maintenant, où je vis. Je lui raconte Liège et le magasin de fleur dans lequel je travaille. Elle me dit “Tu as toujours aimé les fleurs.” Oui, c’est vrai. Elle me parle du secrétariat de la mairie et de cet instituteur bien connu, devenu vieux maintenant, qui lui apporte des chocolats pour son anniversaire. Elle me demande si j’ai quelqu’un là-bas. Je lui parle d’Isabelle qui m’a quittée après 5 ans de vie commune, emportant notre chien mais me laissant les vases qui ornaient les tables le jour de notre pacse. Elle penche la tête en silence quand elle comprend que mon secret n’en est plus un, que ma honte a disparu. Puis elle se reprend et me raconte le départ de son mari et la maison qu’ils ont vendue. Nous parlons des camarades de classe qu’elle n’a pas perdu de vu et puis des collages que nous faisions ensemble, couchées sur son lit d’enfant. Je lui dis que mes parents ne se sont jamais décidés à vider ma chambre d’adolescente et qu’il doit rester sous le mien, à l’étage, une boite qui en contient encore quelques-uns. Elle jette un regard à sa mère pour s’assurer qu’elle surveille bien son fils, relève la tête d’un geste décidé et me propose d’aller vérifier.

***

Fin octobre, je subissais un peu cette rentrée que je trouvais longue et lente… et durant laquelle je faisais clairement un baby-38anscestpasvieuxpourunemaison-lespetitsrituels-blues. Je n’arrivais déjà pas à me concentrer sur les textes en court, alors en mettre un nouveau en route, non, ce n’était pas une bonne idée. C’était décidé, je ne ferais pas de Nanowrimo cette année. Le premier novembre, j’étais à crocheter (sous les conseils de Maud B. <3) devant une série pour me vider l’esprit, quand un brin d’histoire m’est tout simplement tombé dans la tête.  Je bricolais un challenge personnel façon Nanovrimo et me voilà parti pour 30 000 mots. J’en aurais finalement aligné 25 000 en 21 jours donnant naissance à de nouveaux personnages qui depuis s’étoffent et commencent même à me surprendre. Peut-être une saga de l’été, peut-être pas. Cela reste à voir selon l’évolution de cette histoire. Je me dis qu’il faut des fois accepter que l’on écrit juste pour soi. C’est peut-être le cas avec ce texte là. En attendant vous pouvez déjà en trouver deux extraits sur instagram sous le hashtag #untroisfoisriendeliberte . En voici un troisième ici.

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Extrait :  En passant devant l’abris de bus, je donnais de brefs coups de klaxon et saluais le petit couple d’amoureux. Amaury levait la main en réponse tandis que son ami envoyait la bal à un frétillant Diogène. Dans le pré, Renaud se mit face au soleil et respira tandis que je rabattais mes deux biquettes. 

   – Elle sent bon ta campagne.
  – C’est parce qu’on est du bon côté. De l’autre il y a une usine de porcs… l’odeur est intolérable. Je n’arrive pas à y entrer. Ce qui me laisse une idée très claire de ce que je pourrais y trouver…

Pikachu alla jusqu’à lui. Elle était gourmande comme pas une et tentait de faire les poches de quiconque se laissait faire. Ce qu’elle fit avec insistance lorsqu’il s’agenouilla pour la caresser.

  – C’est pas trop dur pour toi qui aime tellement les animaux de travailler là où tu vois le plus leur souffrance ? 

C’était une vrai question. Mon métier m’amenait à vivre dans une sacrée schizophrénie. Mes convictions étaient souvent bousculées par les besoins de la réalité. Je ne montais plus à cheval, mangeais peu de viande, ne supportais plus ne serait ce que l’idée d’un cirque classique ou d’un delphinarium. Mais j’intervenais sans broncher dans le centre équestre du coin, avais déjà été en renfort au zoo de Tregomeur et  une partie de ma clientèle était évidemment composée des éleveurs de la région. Je pratiquais mon métier au mieux pour aider, soigner et soulager les animaux en faisant avec notre monde. Je réunissais souvent toutes ses idées sans m’étendre, dans une seule phrase :  

  – Je vais là où on a besoin de moi.

Renaud récupéra le fond de sa poche et se releva : 

  – C’est une phrase qui te définit bien. 

 Il me suivit jusqu’à la camionnette où je fis rentrer les pokemons. C’était quelque chose que beaucoup me disaient.

***

Des fois, faire un bilan, c’est se rendre compte de comment son esprit travaille. Le mien accepte, apparemment, de prendre en charge quatre projets à la fois. Ce sont les textes sur lesquels je travaille à l’instant T, mais d’autres sont en sommeil ou guettent leur naissance dans un coin de mon cerveau. Et je sais que, durant l’année, certains vont prendre le pas ou finir par remplacer ceux dont je vous ai parlé.

Mon objectif pour 2020 est de passer du côté classique de l’édition. Je me suis donnée deux ans pour y arriver. Durant cette première année, j’ai prouvé que je pouvais produire du contenu. Grâce à tous vos téléchargements, vos retours et vos encouragements, j’ai pris confiance en mes textes et dans mes compétences à vous emmener dans mon monde. Il est temps pour moi de trouver la bonne porte à laquelle frapper.

Ça y est Maman ? Tu t’y retrouves ? 😉

Le bisous.

2 commentaires sur “2019 Bilan 2/3 : Les projets en cours.

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