Ecriture·Expatriation : Un Lapin Français à l'Étranger·Pensée du jour du mois de la semaine

You know, they say when you talk to God it’s prayer, but when God talks to you, it’s schizophrenia.*

Lundi dernier, je faisais ma rentrée.

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Ouais… Ma rentrée. Parce que trois mois après l’opération « Les Convention filent au nord » je me dis que je suis pas venue ici juste pour m’enfiler des bières sur le bord des canaux en mangeant des poffertjes**.

Même si on est aussi venus pour ça.

Avoir l’occasion de partir vivre dans un autre pays, c’est une sacrée chance. Quand en plus tu as, comme nous, une proposition de t’installer dans la ville de tes rêves, tu y réfléchis pas à deux fois. Bon en fait, nous ça nous a pris 6 mois et au moins trois gros appels du pied pour Le Professeur, avant de se dire qu’il fallait pas qu’on loupe le coche. Et un an de plus pour être définitivement in da place… Hey chacun son rythme hein !

X Files GIF by The X-Files

Et puis on était pas mal dans cette grande ville qui a été notre cocon durant plus de 10 ans. On était pas mal à vivre avec les copains dans le même quartier, à coloniser de plus en plus de rue parce que « là bas derrière c’est un peu plus grand ». Et puis au bout d’un moment, le quartier est devenu plusieurs villes et les villes, le sud de la région parisienne. C’est pas qu’on y croyait plus à notre rêve d’ancienne briqueteries 100% écolo partagées en co-propriété avec un petit jardin pour les échantillons et les poulets, mais on allait garder ça pour nos vieux jours en fait. Il fallait à chacun, trouver un peu son propre air.

Mais nous, l’air, on était plus certain de le trouver à notre goût.

Alors en attendant qu’il pleuve des possibilités, on s’accoutumait de notre petit bonheur tout bien équilibré depuis quelques années. Notamment grâce à  la librairie. Une autre partie de la tribu à laquelle on s’était très vite attachés. Un monde de vrai gentils qui tabasse la moindre mauvaise humeur à coup de sourires et de bonnes intentions. Personne n’y résiste. 5 ans d’épanouissement, de découverte et de travail acharné, avec 2000 rencontres de personnes qui m’ont toutes apportées un petit bout de je ne sais quoi pour affronter autre chose. C’était bon, c’était bien. Et c’était un peu plus de force engrangée pour aller vivre de belles choses ailleurs.

 Mais je vous le dis, j’ai pas quitté mes copains de Nation pour compter les moulins à vents et manger du harengs assise sur le porte bagage du Professeur !

Même si on est aussi venu pour ça.

Alors lundi j’ai fait ma rentrée. Je me suis installée sur la table basse parce que pour l’instant mon bureau est encore un local à cartons. J’ai mis ma musique tout doucement, je me suis fait un bon thé (le troisième de la matinée, mon préféré), j’ai ouvert mon bullet journal, j’ai aligné mes crayons, et j’ai commencé ma journée.

snacking x files GIF by The X-Files

Je réalise le rêve de toute une vie : avoir du temps pour écrire. Sans précipitation. Encouragée. Attendue. Sans danger. C’est pas rien tout ça hein ? Alors il faudrait pas le gâcher tout ce temps qui m’est imparti.

Je m’y suis mise sérieusement avec deux projets très différents.

Je vous parlais ici de la si chouette By Lady Fox et de son monde en petits traits ( j’ai un coin dans mon cœur spécialement pour les petits traits) et en couleurs, peuplés de créatures de la forêt, de tasses de thé fumantes et d’un automne infini. Et bien j’ai la grande chance de travailler avec elle sur un album que nous créons ensemble. Il s’agit d’une histoire tout en poésie sur les petits rituels de la vie. Et je peux vous dire que chacune des illustrations me chavire le cœur.

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By Lady Fox est bien occupée et vous pouvez retrouver tout son travail et les lieux de ventes de ses produits sur son site byladyfox.com

Et quand je ne suis pas au téléphone avec la demoiselle, ou à imaginer des aventures avec des petits animaux mignons et des milliers de fleurs, je retravaille un texte qui me tient à cœur.

Il y a deux ans j’ai participé au NaNoWriMo. La National November Writing Month. Un challenge international consistant à écrire un roman de 50 000 mots (l’équivalant de Gatsby Le Magnifique) en un mois. Alors j’ai écrit. Tous les jours pendant un mois, j’ai écrit quelque chose comme 1650 mots et j’ai rempli mon challenge. J’ai écrit une histoire qui me trottait en tête depuis longtemps, mais je n’ai pas écrit un roman. Alors maintenant je prends le temps d’en faire ce que j’avais envie qu’il soit. Ça s’appelle Des Poux dans La Tête et je suis à 60% d’une relecture parfois douloureuse qui m’amène à me perdre dans ce bout de vie d’une adolescente de 16 ans et d’un été pas comme les autres. Je vous en livre ici un tout petit extrait :

Lundi 20 août 2001 :

Me voici de retour de camping. Est ce qu’on peut décréter que cet été est le meilleur ET le pire été de ma vie ?

J’écris de chez mes grand-parents. Eva m’a déposée chez Yaya et Noushka hier après-midi. Nous avions convenu que je passerais une nuit chez eux avant que je reparte. Mais en fait je ne veux plus repartir. Je vais rester ici boire du thé en préparant des gâteaux et de la salade de tomates avec Noushka toute ma vie. TOUTE MA VIE ! Pas de lycée, plus de petit ami et plus jamais d’essai de sociabilisation avec qui que ce soit de mon âge ! Je passe directement à la retraite : chaussons et sieste l’après-midi !

Quand je suis arrivée chez eux, Yaya a vu tout de suite que quelque chose n’allait pas. Il est plutôt fort pour ça en fait … Il m’a pas fallu longtemps pour exploser en sanglots. Mais je vais reprendre à notre arrivé sur le terrain de camping le samedi précédent. J’ai besoin de vider mon sac. Et même de faire le tour de toutes les petites poches.

Oui je sais, c’est court. Laissez moi le temps pour être plus courageuse. J’essaie de rattraper mon retard sur les articles que j’ai envie de faire depuis des mois et je vous en livre un peu plus. J’ai d’autres textes en cours dont l’un qui au dire de mes nombreux lecteurs (deux) est abouti et que j’aimerais bien partager avec vous. Je réfléchis encore au comment 🙂

J’attends vos encouragements de pied ferme les amis, j’en ai grandement besoin ! Je retourne à ma relecture ( ou peut être que je vais me refaire X-files tiens … ) et vous souhaite à tous un bon début de semaine !

Le bisous.

* Je dois ce titre à ce bon vieux Mulder.

** Je vous le dis, le plus grand danger d’addiction dans ce pays n’est pas le cannabis mais bien ces petits pancakes gonflés servis avec du beurre et du sucre glace u.u

6 commentaires sur “You know, they say when you talk to God it’s prayer, but when God talks to you, it’s schizophrenia.*

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