Bande dessinée

ZeroCalcare calling et on répond à l’appel : Oublie mon nom

Oublie mon nom c’est le nouveau roman graphique de ZeroCalcare aux éditions Cambourakis paru en septembre dernier.

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Ce nom ne vous dit rien ? M’enfin ! Vous n’avez pas pu passer à coté de la meilleure bande dessinée parue en 2016 chez le même éditeur, Kobane Calling,  où ZeroCalcare nous racontait son expérience au Rojava. A vrai dire, je ne vous en dis pas plus là dessus sinon je vais y passer l’article. Et si vous me consacrez votre pose de 16h, vous n’avez pas le temps pour un double article. J’en ferais un « rien que pour » un de ces quatre, c’est promis.

Non, aujourd’hui je voulais vous parler de Oublie Mon Nom du même auteur.

J’avais tellement hâte de lire autre chose de lui que j’ en ai demandé un exemplaire à son adorable éditrice avant sa sortie. Alors que, voyez vous, en cette période de rentrée littéraire, elle a quand même autre chose à faire que de sauter sur son vélo pour venir nous voir en boutique. Mais elle l’a fait ! Merci Chiara, tu es une perle !

Après vint l’angoisse : Et si je ne le retrouvais pas. Après la lecture de Kobane Calling, j’avais été tellement emballée par le livre que la moindre critique négative me filait de l’eczéma. Et si le changement de sujet faisait que la magie n’opérait pas .

Mais non. Cela était impossible.

Car si le conflit en Syrie était au centre de l’histoire de Kobane Calling, il y avait bien plus à y voir. Je peux maintenant vous le dire : Dès la première lecture de Oublie Mon Nom, la magie opérait de nouveau. Je suis retombée en amour avec cet auteur qui, pour moi, était déjà devenu un incontournable un an plus tôt.

Dans Oublie Mon Nom, ZeroCalcare vient de perdre sa grand-mère. Cette absence à laquelle il n’était pas du tout préparé laisse de grands vides. Il y a la disparition de l’être cher. Celle qui s’occupait de lui petit, l’emmenait au zoo et chez laquelle il trouvait refuge quand la vie était trop difficile. Mais  il y a aussi la disparition de la mémoire. De ces souvenirs gardés par les anciens de la famille. De cet « avant » que l’on ne connait pas faute de ne pas y avoir assisté. De ces pieux mensonges ou grands secrets qui rodent dans les tiroirs de famille. Et Huguette, elle en gardait des secrets.

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Au travers de cette auto-fiction totalement farfelue sur ses origines, l’auteur nous parle de sa construction en tant qu’adulte avec ses mots, ses images et sa folie.

Comment gérer un deuil lorsque l’on est hyper sensible et dans une insécurité constante ? Comment rassurer sa mère quand on refuse d’affronter sa douleur et celle des autres. Dans cette situation extrême, ZeroCalcare divise ses angoisses et les personnifie. On retrouve le tatou. Ce double de sa personnalité qui exprime tout ce qu’il garde pour lui et dont il ne sait comment se débarrasser. On assiste même à la naissance de cet encombrant animal avec les premiers souvenirs de l’auteur sur le coup de ses deux ans et demi. Mais la nouveauté, c’est qu’il isole son besoin de stabilité et la nécessité pour lui de rester dans sa zone de confort au travers du « Dodo Câlin ». Un sac de couchage en forme d’ours en peluche qui le suivait partout lors du divorce de ses parents.

Par l’apparition de cette nouvelle personnification, on comprend que l’auteur cherche à démêler un point précis de ses névroses. La disparition de sa grand-mère le force à admettre que les choses changent, que le temps passe et que ce qu’il voyait comme une montagne à franchir c’est déjà passé : Il est devenu un homme.

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Mais comment cela a t’il pu se produire ? ZeroCalcare passe en revu les épisodes de sa vie en même temps qu’il découvre celle de sa grand-mère et la naissance de sa famille. Il est cet enfant ingrat, cet adolescent avide de combat, le maire du zoo de Rebibbia, l’enfant de sa mère et de son père, le bout de la chaîne d’une grande aventure familiale. Il est « l’après », l’inconnu. A la fois le petit fils de la française élevée par une russe et celui qui connait par cœur les dessins animés des années 90, Harry Potter, Game of Throne et la douleur des bombardements sur le Rojava.

Je crois qu’au fil des années on multiplie les facettes, les angles, les traits de caractère. La vie fait de nous des polygones.

ZeroCalcare nous présente tout ça avec son humour absurde tout en exagérations. Ses personnages sont à mi-chemin entre le manga et l’esthétique Disney, son dessin foutraque. Le texte prend de la place dans la page. ZeroCalcare se permet tout. Ici, du orange se glisse dans son noir et blanc, sa mère est représentée par la nourrice de Robin Des Bois et on suit trois histoires à la fois. La narration est folle. Follement bien pensée.  

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Et puis il y a ces quelques dernières pages qui disent qu’on est fait de milles choses. Qui parlent de la nostalgie, de renard et de noms et de dates. Et moi qui ne sait faire que ça, me construire en m’abreuvant à toutes les fontaines, ça me met les larmes aux yeux. Même à la deuxième lecture … 

Merci.

Des bisous

P.S. : Vous pouvez aussi lire l’avis de Tatiana, le petit chat libraire, sur La Ménagerie Du Livre … On est pas copine pour rien hein …

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